Le Birkat Hamazon (בִּרְכַּת הַמָּזוֹן), la « bénédiction de la nourriture », se dit après un repas où l’on a mangé du pain. Beaucoup le récitent en hébreu sans toujours savoir où l’on en est dans le texte. Ce guide suit l’ordre du Birkat Hamazon séfarade tel qu’il est imprimé sur nos feuillets et nos grands formats : ce que dit chaque partie, en français, avec les premiers mots en hébreu pour s’y retrouver.
Une obligation qui vient de la Torah
Le Deutéronome (8, 10) demande de bénir Dieu quand on a mangé et qu’on s’est rassasié, pour la bonne terre qu’Il a donnée. C’est l’une des rares bénédictions dont l’obligation est tirée directement de la Torah. Le Talmud (Berakhot 48b) attribue la première bénédiction à Moïse, la deuxième à Josué, la troisième à David et Salomon ; la quatrième a été instituée plus tard par les Sages de Yavné.
On le récite après un repas avec du pain, en principe dès que l’on en a mangé l’équivalent d’une olive (kazayit). Après des gâteaux, du vin ou des fruits des sept espèces de la terre d’Israël (raisin, figue, grenade, olive, datte), on dit une bénédiction plus courte, « Al hamihya » ; après les autres aliments, « Boré néfachot ».
Les quatre bénédictions
- Hazan (הַזָּן, « qui nourrit ») : on remercie Dieu de nourrir le monde entier, avec bonté et miséricorde. Elle s’ouvre sur « Baroukh ata », en grandes lettres sur nos versions.
- Nodé lekha (נוֹדֶה לְּךָ, « nous Te rendons grâce ») : la bénédiction de la terre. Elle remercie pour la terre d’Israël, la sortie d’Égypte, l’alliance et la Torah.
- Rahem (רַחֵם, « aie pitié ») : la bénédiction de Jérusalem, qui demande sa reconstruction et se conclut par « Boné Yerouchalayim ».
- Hatov véhamétiv (הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב, « qui est bon et fait le bien ») : selon le Talmud, elle a été ajoutée quand les morts de Betar ont pu être enterrés.
Suivent les Harahaman (הָרַחֲמָן, « le Miséricordieux »), une suite de courtes demandes, puis la conclusion « Ossé chalom bimromav ». Sur nos versions séfarades, on trouve aussi les Harahaman que l’on dit chez ses parents, chez ses hôtes, et pour les soldats et les forces de sécurité d’Israël.
Les ajouts du Chabbat et des fêtes
Le texte change selon le jour. Le Chabbat, on ajoute « Retsé » dans la troisième bénédiction. À Roch Hodech et aux fêtes, on ajoute « Yaalé véyavo », en nommant le jour : Pessah, Chavouot, Souccot, Roch Hachana, Chemini Atseret. À Hanoucca et à Pourim, « Al hanissim » s’insère dans la deuxième bénédiction, avec le passage propre à chaque fête. Des Harahaman particuliers s’ajoutent enfin le Chabbat, à Roch Hodech et les jours de fête.
C’est là qu’on se perd le plus souvent. Nos versions indiquent donc chaque ajout par une rubrique en français, en couleur, au bon endroit du texte hébreu : « Le Chabbat », « À Hanoukkah », « À Pourim », « Les jours extraordinaires ».
Le zimoun, quand on a mangé à plusieurs
Lorsque trois hommes adultes au moins ont mangé ensemble, l’un d’eux invite les autres à bénir : c’est le zimoun (on dit aussi mezoumane), et les convives lui répondent. À partir de dix, un minyan, on ajoute le mot « Elohénou » à l’invitation. Un repas de mariage a sa propre formule. Ces trois cas sont repérés sur nos versions par les mentions « En présence d’un minyan » et « En présence de mariés ».
Séfarade ou ashkénaze
La structure est la même dans les deux rites : quatre bénédictions, les mêmes ajouts pour le Chabbat et les fêtes. Ce qui change, c’est le nossah, la formulation de certains passages, et la liste des Harahaman. Le plus simple est de suivre le texte de sa communauté : si vous priez dans une synagogue séfarade, prenez la version séfarade, et gardez la même d’un repas à l’autre.
Nos versions séfarades, en hébreu avec repères en français
Le texte y est en hébreu vocalisé, en gros caractères, et toutes les indications sont en français. Il existe trois formats :
- le feuillet A4, plastifié, qui résiste à l’eau : il reste sur la table familiale ;
- le roll-up, 2 m de haut sur 1,2 m de large, pour une salle de réception, une synagogue ou une école ;
- la bâche, 2 m de large sur 1 m de haut, à suspendre.
Chacun existe aussi en version ashkénaze.
Le livreBIRKAT A4 - Version Sépharade